L'atelier sur la Planification Intégrée de L'utilisation des Terres Transfrontalières dans le Bassin du Congo Réunit des Experts et des Parties Prenantes de la Région

Le Bassin du Congo, en Afrique Centrale, abrite un vaste écosystème composé de rivières, de forêts et d’une faune variée. Cependant, ces forêts sont confrontées à de nombreuses menaces. La déforestation, le trafic d’espèces sauvages et l’exploitation forestière illégale menacent la survie de diverses espèces, et le changement climatique met encore plus en péril ces écosystèmes et les moyens de subsistance des plus de 75 millions de personnes qui vivent dans la région.

Mais les forêts, les espèces menacées et le changement climatique ne respectent pas les frontières nationales. Le Bassin du Congo s’étend sur six pays : le Cameroun, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, la République du Congo, la Guinée Equatoriale et le Gabon, et ces pays trouvent des moyens de collaborer pour protéger leurs forêts et leurs ressources naturelles. Travailler ensemble permet d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies de conservation globales qui dépassent les frontières nationales. L’aménagement intégré du territoire est un élément important de ce processus.

Qu’est-ce que la Planification Intégrée du Paysage Transfrontalière (PIPT) ?

La Planification Intégrée du Paysage Transfrontalière (PIPT) est un processus utilisé pour aider à gérer les utilisations concurrentes des terres et les intérêts dans notre environnement. La PIPT optimise l’utilisation des terres et des ressources dans divers secteurs tels que le logement, l’agriculture, l’industrie et la conservation au sein d’un paysage défini. S’appuyant sur des connaissances scientifiques, La PIPT permet de créer des stratégies adaptatives qui répondent à l’évolution des conditions, telles que le changement climatique, les modifications du couvert forestier, la répartition des espèces et la productivité agricole. La PIPT vise à utiliser toutes les informations disponibles pour une planification efficace et adaptative.

La PIPT est un effort de collaboration qui engage les parties prenantes de divers secteurs, dans le but de concilier des objectifs, des besoins et des activités différents au sein d’un paysage. Ce processus utilise l’analyse spatiale pour identifier les changements dans l’utilisation des terres, les conflits potentiels et les zones réservées à la conservation, à la restauration et au développement. Il interprète ensuite les objectifs de développement de la société et les plans sectoriels en stratégies réalisables pour des zones spécifiques. Grâce à une analyse des scénarios passés, présents et potentiels, la PIPT favorise une vision commune entre les parties prenantes, jetant les bases d’une prise de décision visant à maximiser les avantages tout en atténuant les effets négatifs. Cette approche inclusive nécessite la participation des gouvernements, des entités privées, des communautés locales et des groupes marginalisés. Elle nécessite des consultations, le consentement des communautés concernées et des études d’impact environnemental et social complètes.

Le processus de la PIPT peut être utilisé à différents niveaux : local, national ou transfrontalier. La planification intégrée du paysage transfrontalier reconnaît l’interconnexion des écosystèmes au-delà des frontières géopolitiques, ce qui est vital pour la préservation de la biodiversité, des services écosystémiques et le soutien des communautés locales. La collaboration internationale dans la gestion de ces zones permet de mieux faire face aux menaces telles que la fragmentation des habitats, les activités illégales et le trafic d’espèces sauvages, tout en promouvant la conservation de l’environnement et le développement durable.

Changement transformationnel dans la gestion durable des forêts dans les paysages transfrontaliers du Bassin du Congo : Un programme de collaboration

L’USFS et le Centre Mondial de Surveillance de la Conservation du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE-WCMC) se sont associés pour faire progresser la planification intégrée de l’utilisation des terres transfrontalières afin d’améliorer la gestion durable des forêts dans le Bassin du Congo, avec un accent particulier sur les paysages transfrontaliers du Monte Alén-Monts Cristal (MAMC), du complexe Tri-National Sangha (TNS), et du Lac Tele et du Lac Tumba. Début 2023, l’USFS, en collaboration avec diverses parties prenantes, a réalisé une pré-évaluation de l’état actuel des efforts de planification de la gestion de l’utilisation des terres au niveau national dans les pays cibles et dans les paysages transfrontaliers.

En septembre 2023, un atelier de consultation régional a eu lieu à Kinshasa pour partager les résultats de la pré-évaluation et développer une Méthodologie de Planification Intégrée de l’Utilisation des Terres Transfrontalières (ILUMP). Le PNUE-WCMC et l’USFS ont invité des experts et des parties prenantes de six pays du Bassin du Congo à partager des informations sur leurs paysages et à relever les défis de la gestion des terres transfrontalières. Les participants ont échangé leurs points de vue sur les méthodologies de planification, discuté des domaines à améliorer, mis en évidence les acteurs clés et leurs rôles, et discuté des principaux défis en matière de gestion des paysages.

L’atelier a réuni des parties prenantes et des experts de six pays du bassin du Congo. Photo par Sam Mayenda.

L’opportunité d’échanger au niveau régional est une étape importante dans la réussite de la gestion des paysages transfrontaliers. Pour Mengue Ebang Gaspar Lutero, Coordinateur du Projet pour l’Enfance en Guinée Equatoriale, c’était l’occasion de rencontrer ses homologues en personne. “L’idée de nous mettre dans le même groupe de travail pendant l’atelier était une opportunité de construire des relations […] Je suis optimiste et plein d’espoir quant à l’amélioration de la collaboration multisectorielle, de l’engagement et des méthodologies pour la gestion durable des paysages forestiers à l’intérieur et au-delà des paysages”, a-t-il déclaré.

Au cours de l’atelier, les participants ont été encouragés à apporter des documents tels que des plans de gestion des zones protégées, des plans de gestion communautaire des ressources naturelles et des zones d’extraction, ainsi que des évaluations de la vulnérabilité au changement climatique, afin d’alimenter les discussions. Les discussions ont porté sur les défis à relever en matière de gestion des terres transfrontalières, sur les moyens d’harmoniser les outils de planification, sur l’engagement efficace des conseils municipaux, sur la protection des droits des populations autochtones, sur la garantie de l’accès aux ressources et sur la promotion de la participation des communautés à la planification du développement. Le développement de mécanismes de partage des données, le renforcement des capacités des parties prenantes, l’intégration de la comptabilité du capital naturel et du changement climatique dans les plans de gestion, ainsi que l’établissement ou la revitalisation des cadres institutionnels ne sont que quelques-unes des recommandations proposées à l’issue des discussions.

Kozo Simplice Desiré, Représentant en République Centrafricaine du Réseau des Peuples Autochtones et Locaux pour la Gestion des Ecosystèmes Forestiers en Afrique Centrale (REPALEAC), a exprimé son enthousiasme quant à l’inclusion de représentants de groupes marginalisés dans l’atelier. “Les peuples autochtones et les communautés locales, qui dépendent principalement des forêts pour leurs avantages culturels, économiques et nutritionnels, sont souvent confrontés à un manque de consultation et de prise en compte de leurs points de vue lors de la mise en œuvre des plans de gestion, ce qui les expose et les laisse insatisfaits. Veiller à ce que les besoins de toutes les parties prenantes soient pris en compte dans les plans de gestion transfrontaliers est essentiel pour leur réussite, d’autant plus que les groupes marginalisés sont plus vulnérables au changement climatique et ont toujours reçu une attention limitée dans le cadre des politiques nationales.

Participants lors d’une session du groupe de travail. Photo par Sam Mayenda.

En réponse aux recommandations de l’atelier, l’USFS et le PNUE-WCMC vont collaborer à l’élaboration d’un processus méthodologique de planification de l’utilisation des terres. Ce processus intégrera la comptabilité du capital naturel, la vulnérabilité au changement climatique et la participation effective des peuples autochtones et des communautés locales. La Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et la CEEAC (Commission Economique des Etats d’Afrique Centrale) vont diriger l’organisation régionale chargée d’examiner les méthodologies, d’organiser un atelier de validation et de fournir une formation sur les thèmes prioritaires identifiés par les parties prenantes du projet de l’enfant au cours de l’atelier.

Le programme de Changement Transformationnel dans la Gestion Durable des Forêts dans les Paysages Transfrontaliers du Bassin du Congo est un programme financé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). L’USFS travaille avec les partenaires nationaux et locaux du projet pour s’assurer que les processus de planification de la gestion intégrée de l’utilisation des terres sont largement et significativement participatifs et que la cartographie des terres coutumières et les considérations relatives au changement climatique sont pleinement intégrées dans le processus de planification de la gestion de l’utilisation des terres dans tous les pays du Bassin du Congo.

UNEP_WCMC
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